Septembre 2011. Je participe à une sagra pour la première fois. Au coeur du village, il y a une fontaine où coule du vin, dans les rues, des jeunes en collants moulants lancent des drapeaux, les bouteilles en plastique de 0,5L contiennent un épais liquide rouge bordeaux et tout le monde mange du sanglier. Non, je ne suis pas sur le tournage d’Astérix et Obélix en vacances en Italie, ni dans une variante transalpine du Canon Français et ses banquets franchouillards. Je suis à Marino, au Sud de Rome à la Sagra del’Uva (le raisin), que l’on préfère de tout évidence consommer sous forme liquide (et fermentée).
Sur la place principale, comme chaque année, le compte à rebours retentit “tre, due, uno… VINO!!!”. La fontaine accomplit le miracle profane de changer l’eau en vin, au grand bonheur des visiteurs qui se massent tout autour. Dans une archive de 1947, un reportage de la Settimana Incom commente “Aujourd’hui, ce ne sont pas les femmes qui vont à la fontaine, mais bien les hommes !”, montrant des scènes de bousculade pour remplir les verres de pinard. Dans les rues, défilent des habitants en costume d’époque : collants colorés, culottes bouffantes, vestes de velours. Les garçons lancent des drapeaux, les filles jouent du tambour, le long des rues, des stands vendent des assiettes de pâtes fumantes au ragù di cinghiale (sauce tomate au sanglier).
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