La bataille des plages

Non, l’Italie n’est pas que le pays des plages privées aux milles parasols rayés. Si les italiens sont très friands de ces plages dotées de services qualitatifs, leur culture de la mer est plus fluide qu’elle n’en a l’air, et ne se limite pas aux plages ultra-chères à l’esthétique vintage.

L'Italie sans filtre
9 min ⋅ 28/05/2026

Juin 2015. Je débarque sur l’île volcanique d’Ischia pour y travailler comme jeune fille au pair pour une famille de napolitains. Ils ne parlent pas français mais souhaitent que leurs deux filles, 4 et 7 ans, soient parfaitement francophones : pendant l’année scolaire, leur baby-sitter est française, l’été, ils déménagent pour trois mois à Ischia, et prennent une au pair. Je n’ai pas encore lu L’amie prodigieuse et je ne sais pas grand chose de l’île, théâtre des tourments adolescents de Lenù et Lila dans le tome 2. Je gagne 100€ par semaine, en travaillant du lundi au vendredi, de 13h à 20h environ. Je suis un peu mieux lotie que l’héroïne de la saga d’Elena Ferrante, puisque je dispose d’une chambre dans une dépendance, même si on me demande parfois de dormir sur un matelas dans le salon car les parents, médecins, sont d’astreinte et pourraient s’éclipser à Naples au coeur de la nuit. Le matin, les enfants sont avec la femme de ménage, l’après midi, je les emmène se baigner puis m’occupe d’eux jusqu’au repas. Sur mon temps libre, j’explore l’île en bus, je teste toutes les plages, criques et pontons possibles. Je découvre les sables brûlants de la plage des Maronti. Je me baigne sur la minuscule crique du Sorgeto où coulent naturellement des eaux thermales. Je me faufile sur la plage publique de la baie de San Francesco. L’après-midi, j’amène les deux enfants se baigner sur une plage privée. Parfois, le père est présent et nous amène aux thermes profiter des bienfaits des eaux thermales. Nous buvons des tisanes bio dans des jardins du bien-être à 35€ l’entrée. Nous prenons des goûters assis, servis à la table, les pieds dans le sable. Nous allons sur des plages dont l’accès est interdit aux personnes ne pouvant pas payer pour une chaise longue.

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L'Italie sans filtre

Par Lucie Tournebize

Journaliste et autrice, je vis et travaille à Padoue, dans le Nord-Est de l’Italie, à 30 km de Venise. Je parcours ce pays en train depuis 2011, date de mon installation à Rome, et de mon premier blog 👶🏼
Depuis, j’ai écrit plusieurs livres : L’Italie en train, aux éditions Hachette Tourisme, Venise, petit atlas hédoniste (traduit en plus de six langues) aux éditions Le Chêne et un album jeunesse, L’Italie, aux éditions Milan. En kiosque, on me trouve souvent dans les pages du magazine En train ou Direction Italie. Je travaille aussi avec Le Figaro Voyage, et d’autres médias en ligne ou sur papier. A presto!