Venise se cache derrière un masque lorsqu’elle sourit aux touristes. Pourtant, sous les apparences, se trouve une autre identité. Comment voir au delà du masque ? Je vous emmène à Venise, sans filtre.
Venise, un jour gris d’hiver sur un quai entre Rialto et la place Saint-Marc. Deux femmes en costume de carnaval aux couleurs criardes abordent les passants. En échange d’un petit billet, elles posent avec les touristes, heureux de faire une photo vraiment vénitienne. Leur visage, entièrement couvert par le masque, reste inconnu.
Venise, un jour torride d’été, pavillon de la biennale situé dans un palais du sestiere de Castello. Je suis venue visiter le pavillon où travaille un de mes amis. La salle donne sur un canal secondaire, où passent de nombreuses gondoles chargées de touristes. Sur le rebord d’une fenêtre, des mains anonymes déposent un pack de bières fraîches. Les gondoliers, ni vu ni connu, attrapent une blonde au vol et continuent leur chemin. Les touristes, ignares, le remarqueront peut-être sur leurs selfie, en regardant plus attentivement leurs photos de vacances, de retour à la maison.
Venise, un jour de semaine, au siège de l’Alliance Française. Mon élève vient de partir après son cours et il n’y a que moi et le secrétaire sur place. Pourtant, la porte des toilettes est fermée à clé. Je toque. C’est occupé. Un touriste australien finit par en sortir, en bafouillant “la porte était ouverte, j’ai pensé que c’était chez quelqu’un alors je suis entré… et j’avais très envie de faire pipi”.
Je vous raconte ces trois scènettes anecdotiques qui illustrent, à leur manière, le sujet du jour. A savoir, Venise, ses masques, et notre désir de voir la ville autrement.
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